L'affineur n'est pas un fromager. Il ne fabrique pas le fromage : il le reçoit, jeune et déjà vivant, des mains du berger ou du fromager fermier. Son travail commence à l'arrivée de la meule au quai. Il pèse, il sent, il pose la main sur la croûte. Une meule de Comté qui sonne creux, c'est une cave qui a bien travaillé. Une croûte qui transpire, c'est une humidité à corriger. Un parfum d'ammoniac sur un Brie, c'est un retournement à avancer.
Tout, dans une cave d'affinage, est une conversation entre le temps, la matière vivante et la main qui apprend.
— Henri Aubert, chef-affineur depuis 2003.